Le traducteur assermenté en Tunisie

Le traducteur assermenté en Tunisie

             Certes, la profession de traducteur assermenté est réglementée en Tunisie à l’instar de tout autre pays. Toutefois, la loi règlementant cette profession est restée sans modification ni révision depuis l’an 1994. C’est pourquoi, les traducteurs et interprètes assermentés tunisiens se voient aujourd’hui quelque peu confus dans le sens où ils doivent respecter une loi incompatible avec les conditions de travail imposées par la réalité de marché.

En contrepartie, le régime fiscal et celui de la sécurité sociale des traducteurs en Tunisie n’ont cessé de subir de réformes continues tant au niveau de la catégorie dans laquelle les traducteurs et interprètes sont classées ou encore dans les sommes d’argent qu’ils doivent régler aux organismes publics compétents. Des traducteurs ont en l’occurrence préféré se diriger à l’enseignement pour garantir une autre source de revenu à même de combler le manque à gagner qu’il pourrait avoir lieu dans certaines périodes de l’année. En effet, compte tenu de la situation économique trébuchante de la Tunisie et des restrictions imposées par le marché tunisien, la traduction est devenue une profession plus au moins « saisonnière ». Il arrive des périodes de l’année où le traducteur tunisien -abstraction faite de sa compétence- connait une dégringolade incontrôlable du volume de traduction alors qu’il doit s’acquitter de ses obligations fiscales dans des délais fixés dont tout retard est passible de pénalités automatiques.

Il en résulte que la traduction à l’instar de plusieurs autres domaines en Tunisie connait des difficultés et des anomalies de structuration d’où la réforme et la mise en place de solutions pragmatiques constituent une nécessité incontestable afin de sauver ce domaine intellectuel et d’en faire un des leviers de l’économie nationale.